L’exposition Coun. Libera l’art au Palais Lascaris illustre la volonté de faire dialoguer le faste baroque et l’âme populaire de Nice. Depuis 2024, l’artiste Coun. accompagne le Palais Lascaris dans une démarche de médiation par l’image. Designer de formation, ce dessinateur au trait affirmé a su s’approprier les codes du lieu pour concevoir les divers livrets pédagogiques du musée. Son travail ne se contente pas d’illustrer : il traduit, avec une clarté et une sensibilité moderne, la profusion des plafonds mythologiques et la rigueur de l’architecture baroque.


Avec Libera l’art, l’artiste franchit une nouvelle étape. Son esthétique, héritée de l’épure du design, nourrie par la culture populaire niçoise et son humour tranchant, crée un contraste saisissant avec l’ornementation du Palais. En libérant le trait, Coun. libère aussi notre regard sur les collections et traduit avec clarté la richesse des plafonds et décors du Palais. Coun. transforme ainsi l’histoire en un langage visuel accessible à tous, faisant du musée un espace de jeu et de découverte.


Cette exposition est une invitation à redécouvrir le Palais Lascaris à travers l’œil nouveau, prouvant que le patrimoine est une matière vivante, sans cesse réinventée par le talent de ceux qui le regardent.

L’expression maltaise « wiċċ laskri », que l’on traduit littéralement par « visage de Lascaris », puise ses racines dans l’histoire commune de la famille Lascaris et de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Elle fait référence à Jean-Paul Lascaris de Castellar, 56e Grand Maître de l’Ordre de 1636 à 1657. Si son règne fut marqué par des avancées majeures, comme le renforcement des défenses de l’île ou l’inauguration du Lazaret, le plus sûr de Méditerranée occidentale, la mémoire collective en a gardé une image bien plus rigoriste.


Réputé pour sa rigidité et son austérité, Jean-Paul Lascaris imposa une discipline de fer, allant jusqu’à interdire le carnaval aux femmes pour ne pas tenter les chevaliers ayant fait vœu de célibat. Ses traits anguleux et son expression particulièrement sévère ont durablement marqué l’imaginaire des Maltais. Aujourd’hui encore, l’expression persiste dans le langage courant pour souligner un air sombre et peu engageant, hérité d’un Grand Maître qui n’avait, semble-t-il, pas le cœur à la fête.




Exposition présentée du 27 Juin 2026 au 18 Janvier 2027 au Palais Lascaris, 15 rue Droite à Nice




Crédits photo @David Nouy – Ville de Nice